mardi 13 juillet 2021

Derrière les ronces


Une maison. Des volets clos. De l’extérieur, rien. Personne. Des ronces à perte de vue. Inaccessible. Mystérieuse. Intouchable. Toute la journée. Attente. Toujours personne. Un silence étourdissant. Intemporalité inquiétante. Aucune âme alentour. Angoissant. Le bruit d’une chouette. Un battement d’ailes. Frémissement. Brisure dans le silence. Tressaillement. Angoisse. Peur archaïque d’un autre temps. Peur du loup. Peur de la mort. Chut ! Observation. Minute après minute. Heure après heure. La pénombre. Les ombres d’une nature menaçante. Toujours rien. Personne. La somnolence comme un jeu de cache-cache entre rêve et réalité. Une illusion ? Peut-être. Un mirage ? Dans la nuit profonde, un filet de lumière dans l’embrasure d’une porte. Loin. Très loin devant. Au-delà des ronces. Comme une douceur soudaine. Presque miraculeuse. Ocre. Féerique. Une vie ? Une âme derrière ces volets clos ? Derrière cette porte ? Espoir. Joie. Curiosité. Dans le silence de l’obscurité, un son, une mélodie. Le son d’un violoncelle. Prélude de Bach ? Lequel ? Oui ! Première suite ! Comme un chant pur au-dessus de cette nature éprouvante. Frissons. Cœur dans un corset. Gorge dans un étau. Mon esprit comme dans un nuage. Un nuage blanc dans un ciel d’été. Des oiseaux. Le bruit de l’eau d’une fontaine dans la chaleur épaisse d’un été radieux. Des fleurs de toutes les couleurs. Des blanches, des rouges, des perles de natures. Un verre de citronnade. Bruit des glaçons. Temps d’un autre temps. Des robes rondes, des voiles transparents. Des danses. Des mains dans des mains. Des sourires dans des regards. Des baisers. Des accolades. Une fête. Ripailles. Plateaux en inox. Champagne. Le son dans mon cœur, dans mes tripes. Fort. Puissant. Vivant. Un parcours interne profond sur des terres insoupçonnées. Émotion. De l’ombre à la lumière. Des perles de larmes sur mes joues fraiches. Un tremblement dans mes lèvres. Sous mes paupières pourtant, une balade au cœur d’une orgie de sensations. Du recueillement au vagabondage. Comme une prière suppliante et joyeuse à la fois. Entrain. Accélération. Intensité. Feu d’artifice. Jouissance. Palpitation. Apothéose. Puis tout à coup. Silence. Obscurité. Fraîcheur. Bourdonnement d’oreilles. Quelques notes en écho. Deux. Une. Rien. Le sourire aux lèvres d’un plaisir d’avant. Un espoir naissant. La possibilité d’une vie derrière les ronces, au-delà des murs. Demain, même heure. Même endroit.

KaD