Comme une brume qui se lève au-dessus des champs à l’aube
La tristesse s’insinue, s’étale dans chaque parcelle de la gorge
Elle étrangle avec lenteur sans demander de permission
Le nez pique d’une brulure amère, les yeux se brouillent
La langue cherche refuge auprès du palet
Les lèvres se soudent, tremblantes complices
L’idée monte à l’esprit d’un effondrement possible
Se laissant emporter par cette vague douloureuse
Tu reconnais ce spleen qui récidive en t’enlaçant
Tel un amant qui reviendrait régulièrement
La tristesse ne dit pas toujours clairement
Il faut parfois entendre d’une autre voix
Que se passe-t-il pour toi ici et maintenant ?
Pour qu’elle ose parler de son pourquoi
Au moment où elle se sait perçue
Quand tu cèdes à ton chagrin
Les larmes déferlent sur tes joues
Tu laisses échapper son chant
La tristesse t’emporte,
Laissant naitre le besoin
D’une étreinte qui contient
Tout ce qu’elle a à te dire
Mon ombre discrète
Tenace compagne
Que veux-tu ce matin ?
Qu’attends-tu de moi ?
Karine Danan